Rapport de l’IGAS sur le dépistage organisé du cancer du sein

30 juin 2022
Rapport de l’IGAS sur le dépistage organisé du cancer du sein

L’inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) a publié le 1er juin un important rapport sur les Dépistages Organisés en France en particulier sur celui du cancer du sein. Le constat est sévère mais réaliste non pas sur l’efficacité de ces dépistages qui n’est pas remise en question, mais sur leur efficience tels que délivrés actuellement en France. En effet, les résultats notamment en termes de participation, ne sont pas à la hauteur des objectifs fixés dans le dernier plan cancer ni des investissements consentis estimés à 600 millions d’euros par an.

Sur le plan opérationnel, ce rapport souligne l’excellent travail mené par les Centres Régionaux de Coordination de Dépistage des Cancers (CRCDC) malgré une régionalisation menée sans prise en compte de la complexité du projet et sans véritable soutien des autorités de tutelle. Il met par contre en exergue la fragmentation managériale et l’absence de véritable « pilote » du système avec une multiplicité de tutelles intervenant au niveau national (DGS, INCa, ANSM, SPF, CNIL) et régional (ARS, CPAM). Il note également un manque de concertation avec les professionnels de terrain depuis l’arrêt des comités de pilotage opérationnels. Des critiques sont formulées sur la fragmentation du parcours entre actions de prévention, dépistage et entrée dans le soin. L’absence de coordination en région entre les intervenants de la prévention et les professionnels de santé est parfaitement décrite, générant des dépenses importantes pour une efficience très faible.  

Concernant spécifiquement le sein, la mission insiste sur l’absence de mise en place d’une dématérialisation des mammographies. Pourtant, des expériences ont été menées depuis plusieurs années mais sans véritable suivi décisionnel, obligeant à une seconde lecture « archaïque » des clichés imprimés et empêchant ainsi le déploiement de toute innovation (intelligence artificielle par ex). Elle insiste également sur la nécessité d’améliorer le contrôle qualité des équipements (ANSM), d’obtenir de la part de la HAS des référentiels sur la Tomosynthèse et de mesurer plus efficacement les dépistages individuels (cotation spécifique). L’arrivée prochaine de nouvelles techniques (dépistage basé sur le risque, biologie circulante, Imagerie et intelligence artificielle, etc..) impose de rendre le système plus agile et efficient.

L’objectif de la stratégie décennale de réaliser annuellement, à partir de 2025, 1 million de dépistages supplémentaires apparait ambitieux mais notre société souligne, comme décrit dans le rapport, qu’en raison du vieillissement de la population, responsable d’une augmentation des populations-cibles, ce chiffre « marquant » ne permettra pas d’obtenir une couverture de la population éligible répondant aux recommandations minimales européennes (70 % pour le sein).

La mission de l’IGAS formule 22 propositions exigeantes avec un calendrier précis de mise en œuvre. Parmi celles-ci, la mise en place d’un pilotage stratégique centralisé associé à des comités opérationnels par dépistage regroupant les professionnels impliqués sur le terrain, une digitalisation totale de la procédure répondant aux objectifs du plan « Ma santé numérique » et une définition simplifiée des objectifs des CRCDC (plus « d’aller vers » la population, meilleur suivi des personnes dépistées, nouveaux indicateurs plus pertinents) nous semblent à prioriser. La SFSPM souhaite insister sur l’importance du maintien d’un niveau de qualité élevé (contrôle qualité des installations mammographiques) et d’une évaluation en continu des résultats des campagnes de dépistage en donnant davantage d’autonomie en région pour adapter les actions à mettre en œuvre, tout en respectant le cadre national permettant une équité territoriale.

La SFSPM ainsi que la SIFEM (Société d’Imagerie de la Femme) apportent leur soutien à ce travail de grande qualité mené par l’IGAS et par l’intermédiaire des nombreux experts qui sont membres de notre société savante multidisciplinaire, restent disponibles pour collaborer à une mise en place rapide de ces propositions.

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