Recommandations de bonnes pratiques en échographie gynécologique

11 juillet 2022
Recommandations de bonnes pratiques en échographie gynécologique


Ce document s’adresse à tous les radiologues réalisant des échographies pelviennes par voie
endovaginale dans le cadre d’indications gynécologiques. Il s’inscrit dans une démarche de
qualité visant à harmoniser les pratiques en échographie pelvienne endovaginale, à prévenir
le risque infectieux associé aux actes d’échographie endocavitaire et à valoriser une prise en
charge de qualité des patientes tant sur le plan technique que sur le plan humain, alliant
savoir-faire et savoir-être.
Seront détaillés successivement l’accueil et l’information de la patiente, la désinfection
avant l’examen, la réalisation de l’examen, la désinfection après examen et le compte-rendu
1/ Accueil et information de la patiente
Le médecin veille à :
o Se présenter ainsi que les éventuelles autres personnes présentes dans la pièce
(étudiant en médecine, interne, manipulateur(rice)…) pour le(s)quelle(s) l’accord de
la patiente est sollicité,
o Installer la patiente sur le lit d’examen en préservant sa pudeur (déshabillage partiel
dans un premier temps par exemple),
o S’enquérir auprès de la patiente de l’indication de l’examen (complémentaire de la
demande), des renseignements cliniques nécessaires et s’informer des éventuelles
non-indications de la voie endovaginale (patiente vierge par exemple) ou d’une
éventuelle allergie au latex qui impliquerait l’utilisation de gaine de protection de
sonde sans latex,
o Expliquer la réalisation de l’examen en 2 temps, voie abdominale et voie
endovaginale si l’interrogatoire initial confirme la possibilité de la voie endocavitaire
et obtenir l’accord de la patiente.
La patiente est en droit de refuser la voie endovaginale.
En cas de refus de la voie endovaginale le praticien informe la patiente avec pondération
des limites de l’examen échographique par la voie abdominale exclusive et note ce refus
dans le compte rendu.
2/ Avant l’examen :
o Désinfection des mains (lavage au savon ou utilisation de gel hydro-alcoolique),
o Utilisation de gants à usage unique non stériles,
o Application d’une gaine de protection à usage unique pour sonde endocavitaire, au
mieux lubrifiée (confort de la patiente)
3/ Réalisation de l’examen :
o Réplétion vésicale non requise (sauf en cas de voie abdominale exclusive
correspondant à un faible pourcentage de patientes à qui on proposera de boire en
salle d’attente).
o Voie abdominale première (appréciation globale de la position de l’utérus, de sa
taille, d’une éventuelle masse, d’une image endovésicale et exploration des reins).
o Voie endovaginale :
• La pudeur de chaque patiente est préservée en la recouvrant d’un champ de
papier ou d’un drap,
• L’antéversion du bassin peut être obtenue grâce à un coussin recouvert de
papier glissé sous le bassin (perçu comme plus confortable et plus acceptable
que les poings de la patiente), en alternative à une table gynécologique,
• La mise en place de la sonde endovaginale peut être effectuée par le praticien
ou la patiente elle-même (alternative qui peut être proposée à la patiente),
• Lors de la manipulation de la sonde endovaginale +/- couplée au palper
abdominal, le praticien se préoccupe des douleurs éventuellement ressenties
par la patiente et doit savoir s’éloigner des zones trop douloureuses voire
interrompre l’examen en discussion partagée avec la patiente.
o En fin d’examen :
• La patiente est informée du résultat de l’échographie, après retrait de la
sonde endovaginale, en s’assurant de la compréhension de celui-ci et d’un
éventuel examen complémentaire proposé,
• Le praticien est disponible pour répondre aux questions de la patiente.
o Tout au long de l’examen, le praticien veille à son attitude et à ses mots en évitant les
changements de comportement à l’annonce du motif de l’échographie (cas
particulier de l’IVG), les jugements, les mimiques, les remarques inappropriées ou les
mots déplacés pouvant être perçus comme blessants par la patiente. Il veille
également aux termes utilisés dans ses échanges avec les autres personnes présentes
lors de l’examen (internes, étudiants en médecine,)
4/ A la fin de l’examen :
o Retrait soigneux de la gaine de protection en évitant toute contamination
supplémentaire de la sonde,
o Elimination de toutes les salissures macroscopiquement visibles et du gel
d’échographie par essuyage humide avec des lingettes détergentes, une compresse
imprégnée ou au savon et à l’eau,
o Après séchage de la sonde (si nécessaire), désinfection de niveau intermédiaire selon
le protocole mis en place dans le service/cabinet,
o Désinfection de l’environnement immédiat (clavier de l’échographe, table d’examen).
5/ Compte rendu d’examen et iconographie :
o Un compte rendu détaillé de l’examen est rédigé et remis à la patiente.
o Il est accompagné d’une iconographie rendant compte de l’examen réalisé
• Au minimum si échographie normale : coupe sagittale et transversale de
l’utérus avec mesure de son diamètre antéro-postérieur et transversal,
mesure de l’endomètre, une image sur chacun des ovaires avec mesures.
• En cas d’anomalie : les images clés de base et les images pathologiques.
Ce document a pour objectif de proposer des recommandations concernant la réalisation
d’une échographie pelvienne par voie endovaginale. Il a été rédigé par un groupe de travail
de la SIFEM et représente l’avis d’experts basé sur leur pratique à une date donnée et
s’appuyant sur des recommandations quand elles existent. Il n’est pas opposable.
Bureau de la SIFEM
Groupe de travail : Michèle MONROC, Pascal ROUSSET, Laure FOURNIER, Isabelle
THOMASSIN-NAGGARA, Edouard PONCELET, Corinne BALLEYGUIER

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